II. 1833–1868 : La ville des usines et des révolutions
La mort de Ferdinand VII en 1833 met fin à une longue période de blocage politique. Les tensions accumulées depuis la guerre d’Indépendance — entre absolutisme et libéralisme, entre pouvoir central et villes — ne disparaissent pas ; elles entrent au contraire dans une phase plus ouverte et plus conflictuelle. Pour Barcelone, cette nouvelle séquence marque le passage d’une ville contenue à une ville en agitation permanente, où les transformations économiques s’accompagnent désormais de crises politiques répétées.
Politique : une ville en agitation permanente
1. 1833 : la mort de Ferdinand VII et l’ouverture d’une période d’instabilité
La disparition de Ferdinand VII ouvre une période d’incertitude politique durable. Le trône revient à sa fille, Isabelle II, encore enfant, ce qui entraîne l’instauration d’une régence. Cette succession déclenche immédiatement une crise majeure : une partie du pays refuse de reconnaître la nouvelle souveraine et soutient la cause de son oncle, Don Carlos.
Ce conflit de légitimité débouche sur les guerres carlistes, véritables guerres civiles qui opposent deux visions de l’Espagne :
• d’un côté, un camp absolutiste et traditionaliste, attaché à l’ordre monarchique ancien et à l’influence de l’Église ;
• de l’autre, un camp libéral, favorable à un État constitutionnel et centralisé.
Dans ce contexte, Barcelone s’affirme clairement comme un bastion libéral. La ville soutient majoritairement la cause isabelline et devient un point d’appui essentiel du pouvoir face aux zones rurales catalanes plus favorables au carlisme. Cette position renforce toutefois sa militarisation : l’armée reste omniprésente, l’état de siège est régulièrement décrété, et la ville demeure sous la surveillance étroite du pouvoir central.
La transition ouverte en 1833 ne signifie donc pas une pacification. Elle inaugure au contraire une longue séquence d’instabilité, où alternent régences, changements de gouvernement, insurrections et répressions. Pour Barcelone, cette instabilité politique devient un élément structurant : elle nourrit la radicalisation des oppositions, favorise l’émergence de nouveaux acteurs politiques et prépare le terrain aux grandes mobilisations urbaine, émeutes, insurrections et conflits ouvriers, qui marqueront profondément la ville entre les années 1830 et 1860.
2. Guerres carlistes : Barcelone, ville libérale en état de siège
La crise ouverte en 1833 se prolonge rapidement par un conflit armé durable : les guerres carlistes dont la première se déroule de 1833 à 1840. En Catalogne, ces guerres prennent une forme particulière. Les combats se concentrent surtout dans les zones rurales et montagneuses, tandis que Barcelone reste fermement contrôlée par le camp libéral.
La ville ne connaît donc pas la guerre au sens d’un champ de bataille permanent, mais elle en subit pleinement les effets politiques et sociaux. Barcelone devient une place forte : centre administratif, base militaire, point de repli pour les populations fuyant les zones de combat. Cette situation renforce la présence de l’armée et banalise l’état d’exception. L’état de siège est régulièrement décrété, les libertés suspendues, et la vie politique encadrée par l’autorité militaire.
Ce rôle de bastion libéral ne signifie pas adhésion totale au pouvoir madrilène. Pour une large partie des élites barcelonaises, soutenir le camp isabellin relève d’un choix pragmatique : le carlisme est perçu comme incompatible avec les intérêts économiques, commerciaux et industriels de la ville. Le libéralisme apparaît moins comme un idéal que comme une condition nécessaire au développement urbain et économique.
Les guerres carlistes contribuent ainsi à structurer durablement l’identité politique de Barcelone. Elles accentuent la fracture entre la ville et une partie de son arrière-pays, renforcent la politisation des habitants et installent un climat de tension permanente. À la sortie du conflit, Barcelone est plus libérale, mais aussi plus radicalisée, plus méfiante envers le pouvoir central et plus habituée à la confrontation politique.
Cette militarisation prolongée et cette conflictualité latente expliquent pourquoi, une fois la pression carliste atténuée, les tensions ne disparaissent pas : elles se déplacent. À partir des années 1840, la contestation ne vient plus seulement des campagnes, mais de l’intérieur même de la ville, portée par les classes populaires et le monde ouvrier.
3. Agitation républicaine et ouvrière : la ville en état d’insurrection quasi permanent
À partir du milieu des années 1830, Barcelone entre dans une phase de conflictualité urbaine aiguë. Les guerres carlistes ne constituent pas seulement un affrontement armé entre territoires ou dynasties : elles servent de toile de fond à une série de crises politiques et sociales qui éclatent directement au cœur de la ville. L’agitation barcelonaise devient alors structurelle, marquée par des insurrections répétées, des émeutes violentes et une politisation croissante des classes populaires.
Cette situation s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs durables. L’industrialisation naissante concentre dans l’espace clos de la ville une population ouvrière nombreuse, issue en grande partie de l’immigration catalane et rurale. Barcelone reste enfermée dans ses murailles, soumise à une forte densité, à des conditions de logement insalubres et à des salaires bas. À ces tensions sociales s’ajoute le maintien d’un contrôle militaire hérité de l’Ancien Régime : la Citadelle et le château de Montjuïc dominent la ville, tandis que le capitaine général concentre des pouvoirs civils et militaires exceptionnels. Dans ce contexte, la rue devient le principal espace d’expression politique pour une population privée de canaux de représentation efficaces.
La première grande explosion survient à l’été 1835. Cette bullanga inaugurale prend la forme d’une révolte anticléricale dirigée contre le camp carliste, alors perçu comme le parti de l’Église et de l’aristocratie. Dans la nuit du 25 juillet, quatorze couvents sont incendiés à Barcelone. Quelques jours plus tard, le 5 août, les émeutiers s’attaquent aux symboles du pouvoir : le bâtiment des forces de police, le Palais Royal et surtout l’usine Bonaplata, première manufacture à vapeur du pays, sont pris pour cible. Le général Bassa, plus haute autorité militaire de la ville, est capturé, tué, puis son corps est traîné dans les rues et brûlé avec les archives de la police. La violence de cet épisode révèle une rupture profonde entre la ville populaire et les institutions de l’État.
Les années suivantes confirment que cette agitation n’a rien de conjoncturel. En 1836 et 1837, les affrontements politiques entre modérés et progressistes pour le contrôle du pouvoir se traduisent à Barcelone par une instabilité permanente, alimentée par l’exaspération face aux carlistes et par la persistance de la misère urbaine. En 1840, le séjour de la régente Marie-Christine déclenche la révolte des Lévites : une manifestation organisée par les modérés en soutien à la régente dégénère en affrontements avec les progressistes, menés par Baldomero Espartero. La rue s’impose alors comme un espace de confrontation politique directe.
À mesure que les insurrections se succèdent, la nature du conflit évolue. Les revendications ne se limitent plus à l’opposition entre factions libérales ou à la défense abstraite de la Constitution : elles intègrent désormais des demandes sociales liées au travail, aux salaires, à l’habitat et aux conditions de vie. Cette évolution marque l’entrée progressive des classes populaires dans l’arène politique et transforme les émeutes en mouvements sociaux de plus en plus structurés.
En octobre 1841, la publication du pamphlet ¡Abajo las murallas ! du médecin hygiéniste Pere Felip Monlau provoque de nouvelles émeutes. La dénonciation du rôle oppressif des murailles et de la Citadelle, symboles de la domination militaire, débouche sur l’assaut partiel de cette dernière. L’armée intervient et l’état de siège est décrété, sans pour autant apaiser la situation. Le 13 novembre 1842, un incident au poste de contrôle du Portal de l’Àngel déclenche une nouvelle insurrection. Des barricades sont élevées afin d’empêcher l’entrée des troupes dans la ville. Cette fois, le mouvement est majoritairement ouvrier, tandis que la bourgeoisie reste en retrait.
Face à cette contestation, la réponse du pouvoir est d’une extrême brutalité. Le régent Espartero ordonne le bombardement de Barcelone depuis la forteresse de Montjuïc les 2 et 3 décembre 1842. La ville est frappée par son propre appareil militaire. La reconstruction de la Citadelle est imposée aux frais des Barcelonais, renforçant encore le ressentiment à l’égard du pouvoir central et ancrant durablement l’image d’une ville gouvernée par la force.
L’été 1843 marque un nouveau sommet avec la révolte de la Jamància. Alors que la régence est contestée dans de nombreuses villes espagnoles, Barcelone se soulève pour réclamer l’application effective des droits inscrits dans la Constitution de 1837. Le mouvement, conduit par des dirigeants issus de la classe ouvrière, est rapidement abandonné par une bourgeoisie traumatisée par la répression de 1842. La résistance n’en demeure pas moins remarquable : la milice urbaine et les volontaires du bataillon du Bruc tiennent tête pendant près de trois mois à l’armée régulière commandée par Joan Prim et Llorenç Milans del Bosch. Le bilan est lourd : plus de trois cents morts et d’importants dégâts matériels causés par les bombardements.
Après 1844, les gouvernements modérés parviennent temporairement à rétablir un certain calme. Cette accalmie reste toutefois fragile. La seconde guerre carliste, dite guerre des Matiners (1846–1849), replonge les campagnes catalanes dans la violence, tandis que Barcelone est touchée en 1848 par des manifestations en écho aux révolutions européennes, auxquelles participent conjointement carlistes et républicains.
Le coup d’État de 1854, connu sous le nom de Vicalvarada, ouvre une nouvelle phase. Barcelone est la première ville à se soulever, le 14 juillet, lors d’un mouvement initialement pacifique mené par démocrates et républicains. La période des Deux Ans progressistes instaure une tolérance politique inédite : syndicats et associations ouvrières sont légalisés. Le conflit des selfactines, en juillet 1854, contre l’automatisation de l’industrie textile, révèle la montée en puissance du mouvement ouvrier. En 1855, Barcelone connaît la première grève générale de l’histoire de l’Espagne, consacrant définitivement le prolétariat urbain comme acteur politique central.
Cette succession d’émeutes, de bombardements et de grèves forge une culture politique propre à Barcelone. La violence n’y est pas accidentelle mais structurelle : elle résulte d’une ville industrielle en formation, gouvernée par des dispositifs militaires et privés de mécanismes de médiation efficaces. À la veille de 1868, l’agitation est devenue un élément constitutif du fonctionnement de la cité. Barcelone n’est plus seulement la ville des usines en formation : elle est aussi une ville de luttes, où la rue s’impose comme un espace politique à part entière et prépare les grandes ruptures de la seconde moitié du XIXᵉ siècle.
Économie : la révolution industrielle (1833–1868)
À partir de 1833, Barcelone entre dans une phase décisive de transformation économique. Malgré les guerres civiles et l’instabilité politique chronique, l’activité productive progresse. Les milieux d’affaires barcelonais restent attentifs aux innovations techniques venues d’Europe du Nord, et une partie des capitaux accumulés dans le commerce commence à être réorientée vers l’industrie.
- Explosion du textile et essor de la métallurgie
Le secteur textile, en particulier le coton, devient le principal moteur de cette industrialisation naissante. Un tournant symbolique est franchi en 1833 avec l’installation de la première usine espagnole utilisant l’énergie motrice de la vapeur, dans le nord du quartier du Raval. Financée par la société Bonaplata, Vilaregut, Rull & Cie, cette fonderie — connue sous le nom de Vapor Bonaplata — se consacre à la fabrication et à la réparation de machines destinées à l’industrie textile.[1]
Cette initiative pionnière marque l’entrée de Barcelone non seulement dans la production industrielle, mais aussi dans la métallurgie appliquée, indispensable au fonctionnement des nouvelles usines. À sa suite, de nombreuses filatures de coton et manufactures de tissus imprimés s’implantent dans le Raval, faisant de ce quartier dense le premier espace industriel de la ville.
- Une industrialisation qui déborde les murailles
La croissance des usines entraîne l’émergence d’un prolétariat urbain en expansion, alimenté principalement par l’immigration. Cependant, les contraintes spatiales de la ville intra-muros — densité extrême, interdictions militaires, manque de terrains disponibles — limitent rapidement l’expansion industrielle.
À mesure que le Raval se sature, les activités productives se déplacent vers les villages proches de Barcelone. Des usines s’installent à Gràcia, à Sant Andreu de Palomar et à Sants, tandis que Sant Martí de Provençals se spécialise dans la production industrielle de farine. Ce mouvement amorce une nouvelle géographie économique : Barcelone cesse d’être une ville industrielle strictement contenue dans ses murs et commence à structurer un espace productif élargi, annonçant les transformations urbaines de la seconde moitié du siècle.
- Infrastructures, finance et ouverture des marchés
Cette industrialisation repose sur un ensemble d’infrastructures et de soutiens financiers. Le développement de l’industrie sidérurgique s’appuie sur un réseau de banques et de compagnies d’assurance, signe du passage progressif à une économie fondée sur l’investissement, le crédit et la gestion du risque.
Un jalon majeur est atteint en 1848 avec l’ouverture de la première ligne de chemin de fer de la péninsule Ibérique, reliant Barcelone à Mataró. Ce projet, porté notamment par l’armateur Miquel Biada, enrichi à Maracaibo et à La Havane, accélère la circulation des marchandises, des capitaux et de la main-d’œuvre. Le rail renforce ainsi le rôle de Barcelone comme centre industriel et logistique, tout en l’inscrivant plus étroitement dans les circuits économiques européens.
4. La formation d’une bourgeoisie industrielle
Cette période voit l’affirmation d’une bourgeoisie industrielle locale, qui se distingue progressivement des anciennes élites marchandes et artisanales. À la tête des manufactures, des maisons de commerce et des entreprises de transport, ces acteurs structurent une nouvelle classe dirigeante fondée sur la propriété industrielle et la maîtrise du capital, se substituant progressivement aux structures préindustrielles fondées sur les corporations d’artisans et de commerçants.
Le retour des indianos et americanos, enrichis dans les colonies américaines, joue un rôle déterminant dans cette transition. Une partie importante de leurs capitaux est réinvestie dans l’industrie et les grandes entreprises urbaines, contribuant à transformer Barcelone en centre économique moderne. Des familles comme les Güell ou les López y López figurent parmi les acteurs majeurs de ce nouvel ordre économique. Bien que cette dynamique s’intensifie surtout après 1868, ses fondations sont solidement posées dès les décennies centrales du siècle.
Culturel : la montée de la conscience catalane (1833–1868)
Entre 1833 et 1868, Barcelone connaît une transformation culturelle progressive, étroitement liée aux bouleversements politiques et sociaux de la période. La ville ne dispose pas encore des grandes institutions emblématiques de la fin du siècle — comme le Palau de la Música Catalana ou les grands théâtres modernistes — mais elle devient déjà un foyer actif de réflexion intellectuelle, de production littéraire et de redécouverte identitaire. C’est dans ce contexte qu’émerge une conscience catalane moderne, encore minoritaire, mais de plus en plus structurée.
1. Romantisme catalan et redécouverte du passé médiéval
Le courant romantique, diffusé depuis la France et l’Europe du Nord, trouve à Barcelone un terrain favorable. Il encourage une relecture du passé médiéval catalan à un moment où l’État espagnol cherche à renforcer son centralisme politique. Pour une partie des élites intellectuelles barcelonaises, le Moyen Âge catalan devient alors un point d’appui pour affirmer l’existence d’une histoire et d’une tradition propres, distinctes de la construction nationale espagnole.
Les monuments médiévaux de la ville ancienne, encore bien visibles aujourd’hui, jouent un rôle central dans cette redécouverte :
• la cathédrale de Barcelone, restaurée à partir du XIXᵉ siècle ;
• le Palau Reial Major, ancien siège du pouvoir comtal et royal ;
• les grandes églises gothiques comme Santa Maria del Mar.
Ces édifices ne sont pas seulement admirés pour leur esthétique. Ils incarnent une période où Barcelone fut capitale politique et commerciale de la Méditerranée occidentale. Leur architecture, leur implantation urbaine et leur histoire rappellent l’existence d’institutions catalanes anciennes (Corts, Consell de Cent), nourrissant l’idée d’une continuité culturelle et historique catalane. Cette valorisation du passé médiéval constitue l’un des fondements intellectuels du catalanisme culturel.
2. Premiers jalons de la Renaixença
C’est au début des années 1830 que s’amorce ce que l’historiographie désigne comme la Renaixença, un mouvement de renouveau culturel fondé sur la réhabilitation de la langue catalane dans la littérature et la pensée. Un texte joue ici un rôle fondateur : Oda a la Pàtria (1833) de Bonaventura Carles Aribau, souvent considérée comme l’acte symbolique de naissance de la littérature catalane contemporaine.
Dans un premier temps, ce renouveau reste limité à des cercles restreints d’intellectuels. La production littéraire en catalan demeure marginale face au castillan, langue de l’administration, de l’enseignement officiel et de la vie politique. Toutefois, une idée nouvelle s’impose progressivement : le catalan n’est pas seulement une langue populaire ou domestique, mais peut devenir une langue de culture moderne.
Les développements plus visibles viendront après 1868, avec l’essor de la poésie catalane, la réapparition de concours littéraires comme les Jocs Florals, et l’émergence d’auteurs qui toucheront un public plus large.
- Presse, cercles intellectuels et sociabilités savantes
La diffusion de ces idées repose largement sur la presse et les sociétés savantes. Barcelone dispose déjà d’un espace médiatique ancien, dominé par le Diario de Barcelona, l’un des plus anciens journaux d’Europe encore en activité au XIXᵉ siècle. Quotidien généraliste, il informe sur la vie politique, économique et culturelle, tout en restant étroitement soumis aux périodes de censure.
Autour de la presse gravitent des cercles intellectuels, des académies et des lieux de formation hérités du XVIIIᵉ siècle, dont plusieurs bâtiments sont encore visibles aujourd’hui :
• la Llotja de Mar, qui abrite l’École de dessin (future École des Beaux-Arts) ;
• des académies savantes installées dans des palais du Barri Gòtic ;
• des bibliothèques et salons privés fréquentés par les élites lettrées.
Ces espaces favorisent la circulation d’idées issues des Lumières tardives, du romantisme, du libéralisme et de l’histoire médiévale catalane. La culture barcelonaise de cette période reste donc active, mais concentrée dans des milieux restreints, encore éloignés d’une diffusion populaire massive.
À partir des années 1860, ces dynamiques se structurent plus durablement avec la création de nouveaux lieux de sociabilité intellectuelle comme l’Ateneu Barcelonès, toujours visible aujourd’hui. Cet espace de débats, de conférences et de lectures devient un carrefour intellectuel où se croisent écrivains, juristes, scientifiques et futurs leaders du catalanisme.
Entre 1833 et 1868, les idées qui circulent sont donc celles de la langue, de l’histoire, de la réforme politique et de l’identité culturelle. Les réseaux restent limités, mais ils posent les bases de l’affirmation catalane qui s’exprimera pleinement à la fin du siècle.
Cette période ne correspond pas encore à une explosion culturelle visible dans l’espace urbain. Elle constitue une phase de gestation : Barcelone élabore ses références culturelles, redécouvre son passé et structure ses réseaux intellectuels. La culture catalane moderne ne s’impose pas encore, mais elle acquiert une légitimité nouvelle, prête à se déployer lorsque le cadre politique et urbain le permettra.
[1] https://www.meet.barcelona/fr/visitez-la-et-aimez-la/points-dinteret-de-la-ville/el-vapor-fabrica-bonaplata-99400476696

